Alors que le secteur des services à la personne est appelé à connaître un essor important, il reste fragile et les métiers concernés sont sous tension.
Services à la personne : le secteur qui monte, qui monte
Une enquête de la Direction générale de l’Économie (DGE) montre que le secteur reste encore très dynamique. On dénombre environ 69 000 organismes de services à la personne en France (en 2024), représentant un total de 1,2 million d’emplois (en 2020). La majeure partie (90 %) de ces organismes sont des entreprises, notamment des micro-entrepreneurs, le reste étant composé d’associations (9 %) et d’établissements publics (2 %).
Plus intéressant encore, le nombre d’entreprises dans ce secteur a augmenté de 20 % entre 2023 et 2024.
Deux grandes explications à cet essor
Le développement à vitesse grand V du secteur des services à la personne est lié à deux grands facteurs d’explication.
D’une part, le vieillissement de la population crée de nouveaux besoins. Les politiques de l’âge étant aujourd’hui principalement axées sur le maintien à domicile des personnes âgées, de plus en plus de seniors ont besoin de faire appel à un ou plusieurs auxiliaires de vie pour des prestations du quotidien, depuis le ménage jusqu’à l’aide à l’habillement, à la toilette, au lever ou au coucher. Ces interventions à domicile prennent parfois plusieurs heures par jour et s’étendent sur des plages horaires importantes, très tôt le matin ou tard le soir. Les besoins en personnels s’en ressentent, exerçant une certaine tension sur les métiers concernés.
« Le vieillissement de la population en France (18,6 millions de personnes de plus de 60 ans en 2023, et 20,8 millions d’ici 2030) et le souhait des personnes âgées de rester à domicile devraient entraîner une forte croissance des besoins en services à la personne d’ici 2030 avec une hausse de plus de 30 000 emplois sur le seul segment de l’accompagnement à domicile. », estime ainsi la DGE.
D’autre part, de nombreuses réformes ont été engagées dans le secteur. La généralisation du crédit d’impôt puis la mise en place du crédit d’impôt instantané ont permis à des ménages plus modestes d’accéder à ce type de prestations. De plus, depuis 2011, la part de travail non déclaré, traditionnellement associé au secteur des services à la personne, est en baisse.
Des métiers sous tension
Toutefois, ce dynamisme ne doit pas dissimuler les fragilités du secteur, qui peine notamment à recruter et à fidéliser les salariés. En cause : la faiblesse des rémunérations, le fait de souvent devoir travailler avec plusieurs employeurs, le temps partiel subi, la forte sinistralité en termes d’accidents du travail… La DGE évoque aussi « l’équilibre économique fragile, notamment pour les entreprises privées ».
Pour remédier à ces difficultés, la DGE dresse une liste des défis à engager d’ici à 2030 : politiques de soutien au pouvoir d’achat des salariés du secteur, digitalisation des organismes, meilleure structuration du marché…




