C’est décidé, vous vous lancez en tant qu’auto-entrepreneur ? Les 30 premiers jours de cette nouvelle aventure représentent une phase stratégique où vous allez poser les bases, notamment sur le plan légal et comptable. Dans cet article, nous vous proposons une checklist complète pour ne rien oublier durant ce premier mois crucial, et ainsi d’éviter le stress, les erreurs administratives et les pertes financières.
Formaliser et déclarer mon activité
Vérifier que le statut d’auto-entrepreneur est le plus adapté à mon projet
Le statut d’auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur) est ouvert à un grand nombre de profils, y compris aux étudiants, retraités, fonctionnaires et même aux salariés ou dirigeants assimilés salariés. Il est simplement nécessaire d’être majeur ou mineur émancipé et d’avoir une adresse de domiciliation française.
Avec ce statut, vous pouvez exercer des activités artisanales, la plupart des activités commerciales et certaines activités libérales. Attention toutefois, certains domaines en sont exclus, comme le domaine agricole ou certaines activités libérales (artistes auteurs, activités immobilières…).
Immatriculer mon entreprise
Le statut d’auto-entrepreneur est celui qui vous convient le mieux ? Il est temps de créer et d’immatriculer votre entreprise ! Cette étape, gratuite, est fondamentale puisqu’elle confère une existence juridique à votre auto-entreprise, ce qui vous donne le droit d’exercer votre activité et de bénéficier de la protection sociale associée à cet exercice.
Marche à suivre
Depuis le 1er janvier 2023, les formalités pour devenir auto-entrepreneur sont à réaliser sur le site internet du guichet unique. Vous devez y renseigner vos informations personnelles, des informations concernant l’établissement, mais aussi renseigner les options fiscales. Vous devez choisir entre :
- Le régime classique : vos revenus professionnels (votre chiffre d’affaires, après abattement forfaitaire) s’ajoutent à vos autres revenus (salaires, pensions, etc.) dans votre déclaration annuelle d’impôt sur le revenu.
- Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu : il vous permet de payer vos impôts au fil de l’eau, en même temps que vos cotisations sociales, selon un pourcentage fixe de votre chiffre d’affaires.
Pour savoir laquelle de ces options vous correspond le mieux, vous pouvez faire une simulation sur le site de l’URSAFF.
À l’issue de cette démarche, vous obtiendrez votre Siret sous 15 jours en moyenne (vous pouvez alors commencer à facturer) et votre notification d'affiliation sous 4 à 10 semaines.
Demander l’ACRE
L’ACRE (aide à la création ou à la reprise d'une entreprise) est un dispositif qui offre un abattement de 50 % sur ses cotisations sociales jusqu'à la fin du troisième trimestre civil suivant la date de début d'activité déclarée. Pour vous la voir accorder, vous devez être en début d'activité et ne pas en avoir bénéficié au cours des 3 années précédentes. Les autres critères d’éligibilité sont disponibles sur le site du service public.
Marche à suivre :
Remplissez le formulaire de demande d’ACRE et envoyez-le à l'Urssaf via l’espace messagerie avec votre justificatif de création d’activité et la pièce justifiant que vous pouvez bénéficier de cette aide. L'Urssaf statue sur la demande dans un délai de 30 jours. En l'absence de réponse, l'ACRE est considérée comme accordée.
À noter : Si vous obtenez l’ACRE, vous pouvez aussi, sous certaines conditions, bénéficier de L’ARCE (l'aide à la reprise et à la création d'entreprise), qui permet de percevoir, via France Travail, une partie de ses allocations chômage sous la forme d'un capital.
Créer un compte URSAFF
Chaque mois (ou chaque trimestre, selon votre choix), un auto-entrepreneur doit déclarer le montant du chiffre d’affaires facturé et encaissé et payer les cotisations et contributions dues. Un délai minimum de 90 jours doit s’écouler entre la date de début d’activité et la première déclaration (ce délai varie selon le choix de la périodicité de vos déclarations, mensuelle ou trimestrielle).
Marche à suivre :
Pour pouvoir déclarer votre chiffre d’affaires, vous devez créer un compte sur le site de l’URSAFF. Si cette démarche n’est pas urgente, il est tout de même recommandé de l’effectuer dès votre immatriculation : elle permet de finaliser l’enregistrement administratif votre auto-entreprise.
Créer un compte professionnel sur le site des impôts
Vous avez déjà sans doute un compte personnel sur le site des impôts. Sachez qu’en tant qu’auto-entrepreneur, vous allez devoir vous acquitter, une fois par an, d’un impôt spécifique, la CFE (cotisation foncière des entreprises). Le premier versement de la CFE a lieu au mois de décembre N+1 après la création de votre activité. Pour la payer, il faut vous créer un compte professionnel sur le site des impôts.
Marche à suivre :
Pour créer votre espace professionnel, vous avez le choix entre le mode simplifié et le mode expert. Si vous ne bénéficiez encore d'aucun service de l'espace professionnel, c’est le mode simplifié qui correspond à votre profil. L’inscription se déroule en quatre temps et ne dure que quelques minutes.
À noter : c’est via cet espace que vous devrez payer la TVA si vous n’en êtes plus exonéré.
Ouvrir un compte bancaire dédié à mon activité
L’ouverture d’une micro-entreprise, puisqu’elle ne nécessite pas de capital social, n’est pas assortie d’une obligation d’ouverture d’un compte dédié à l’activité. Toutefois, comme le stipule l'article L. 613-10 du code de la sécurité sociale :
« Les travailleurs indépendants (…) sont tenus de dédier un compte (..) à l'exercice de l'ensemble des transactions financières liées à leur activité professionnelle lorsque leur chiffre d'affaires a dépassé pendant deux années civiles consécutives un montant annuel de 10 000 € ».
Il n’y a ainsi pas d’urgence à ouvrir un compte bancaire, mais il peut être utile de le faire dès que vous vous lancez de façon à bien séparer vos transactions privées et professionnelles. Si vous optez pour un compte professionnel, destiné spécifiquement aux entreprises, vous pourrez bénéficier de services dédiés aux indépendants : accompagnement à la création de votre auto-entreprise, outils de gestion, mise en place d’un découvert bancaire adapté…
Marche à suivre :
Pour un micro-entrepreneur, un compte pro en ligne peut tout à fait faire l’affaire.
Vérifier les assurances liées à mon secteur d'activité
En dehors des assurances obligatoires qui peuvent incomber à votre activité (assurance de vos locaux, du ou des véhicule(s) utilisé(s) dans le cadre de votre activité, de vos salariés…) il existe des assurances facultatives auxquelles vous pouvez souscrire dès que vous êtes immatriculé :
- L’assurance complémentaire santé du micro-entrepreneur, qui vous permet de sélectionner des niveaux de remboursements sur les types de soins que vous choisissez. Son coût varie selon votre activité et les options auxquelles vous souscrivez.
- La micro-assurance, qui vous permet d'avoir accès à des contrats d'assurance à coût réduit et qui répondent aux besoins d'une TPE.
Marche à suivre :
LCL, avec ses solutions d’assurances professionnelles, vous aide à sécuriser l’avenir de votre activité et à protéger ce qui compte le plus pour vous. Vous pouvez aussi faire appel à un courtier en assurances.
Les 30 premiers jours en tant qu’auto-entrepreneur sont déterminants pour poser les bases de votre nouvelle activité. Outre les formalités administratives recensées dans cet article, pensez aussi à peaufiner votre offre, à commencer le démarchage de vos clients cibles, à soigner votre présence en ligne, mais aussi à mettre en place une organisation de travail qui vous permettra de vous lancer sans délai !




